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vendredi 2 novembre 2012

DARYE ou LA CEREMONIE COREENNE DU THE

   
 Ce que nous, Occidentaux, nommons communément "cérémonie du thé" s'appelle en Corée, le Darye " art du thé" ou "rite quotidien du thé". Alors que le Japon a fait de son Chanoyu une cérémonie extrêmement sophistiquée en matière de gestuelle et de spiritualité, la Corée a adopté une cérémonie plus décontractée mais finalement très harmonieuse. Que ce soit au Japon,en Chine ou en Corée, le thé a toujours eu une connotation philosophique et religieuse. Le thé nous est grâcieusement offert par la nature et nous lie à celle-ci. l'homme se doit de suivre la voie du thé qui est déjà tracer sans en perturber son harmonie.

Selon plusieurs écrits, les premières cérémonies du thé en Corée remontent au VIIème siècle et n'étaient accomplies que par les moines bouddhistes dans des temples cachés dans les montagnes coréennes. Elles étaient pratiquées pour compléter la méditation et atteindre une harmonie spirituelle. Il faudra attendre le XX ème siècle pour que cet art soit enfin popularisé chez le peuple Coréen. Aujourd'hui encore, au nouvel an et en automne, la plupart des familles respecte la tradition du "Charye" qui consiste à offrir sollennellement de la nourriture et du thé aux esprits des ancêtres.

Hanbok - image wikipédia
La cérémonie coréeenne telle que nous la connaissons aujourd'hui est orchestrée par une personne ( homme ou femme) revêtue d'un habit traditionnel: le hanbok.
Ce costume est caractérisé par des couleurs vives et des lignes simples. De nos jours, il sert de vêtement pour les grandes occasions telles que les mariages.
En Corée, on considère que la voie du thé est "sans portes", n'importe qui peut pratiquer la voie du thé quel que soit sa classe sociale.

Les ustensiles utilisés pour le Darye évoluent en fonction des saisons. L'équipement d'été se compose de "katade", des bols de 5cm de haut de de 12 cm de large dont le but est de refroidir plus rapidement la température de l'eau. En automne et en hiver, le thé est servi dans de grands bols plus étroits "irabo"qui concervent la chaleur.

Le maître et ses invités prennent place autour d'une table à thé basse puis se saluent mutuellement en s'inclinant mains jointes. L'hôte commence par découvrir les ustensiles à thé protégés par une serviette, ces derniers restant constamment sur la table. Il verse de l'eau dans une théière, puis de la théière dans les tasses afin de rincer et réchauffer les accessoires. Une nouvelle mesure d'eau est mise dans le versoir. Le thé (oolong en général) est déposé dans la théière avec une cuillère en bois puis recouvert avec l'eau du versoir qui sera très rapidement vidée. Cette opération a pour but de rincer les feuilles de thé et de les préparer à l'infusion qui va suivre. L'eau qui chauffait les tasses est également jetée. L'hôte procède  à une première infusion d'une minute. Il verse délicatement celle-ci dans les tasses tour à tour en petite quantité afin que chaque tasse ait la même intensité de liqueur.



Dans le recueillement le plus complet, les invités écoutent religieusement le léger bruissement de l'eau qui coule d'un accessoire à l'autre. Comme pour le Chanoyu Japonais, la précision et l'économie des gestes donnent à cette cérémonie une dimension spirituelle. Chacun reçoit ensuite une tasse qu'il prendra soin d'humer et de contempler avant de porter le doux breuvage à sa bouche d'une gestuelle codifiée: chaque invité soutient par en dessous sa tasse de sa main gauche tandis que la main droite repose sur le côté droit de la tasse. L'hôte procède ensuite à une deuxième infusion de trois minutes puis une troisième de cinq minutes, chacune développant des arômes différents.

Une fois le Darye terminé, les tasses reviennent vers le maître de cérémonie. La théière est vidée de ses feuilles de thé. Les tasses et la théières sont lavées, reposées sur la table à thé et recouvertes du tissus. L'hôte et ses invités se saluent à nouveau mains jointes.

Cette cérémonie aspirant à la méditation trouve son importance autant dans la préparation que dans la dégustation. Le thé régénère notre corps et notre esprit. Selon la tradition coréen boire du thé nous invite à la sérénité.



vendredi 26 octobre 2012

CHANOYU ou LA CEREMONIE JAPONAISE DU THE


   Le Japon est un pays culturellement très riche. Mon rôle au sein d'un club de judo depuis quelques années a développé en moi une envie d'approfondir et d'enrichir  mes connaissances. La culture japonaise et la culture du judo sont très liées. Tout comme le judo, la cérémonie japonaise du thé  trouve sa source dans l'histoire du Japon. Avant de devenir une discipline olympique, le judo était une discipline sportive et spirituelle régit par un code moral dont le but est de vivre en eurythmie avec ses semblables. 
La spiritualité, l'harmonie, le partage,  sont des éléments essentiels pour la cérémonie du thé, le  cha no yu.
 De même que le judo, le chanoyu qui signifie littéralement: "eau chaude (pour le) thé" est extrêmement codifié. D'origine bouddhique, il devient une cérémonie mondaine autour du XVI ème siècle. Aujourd'hui elle est devenue un plaisir de partager entre amis un grand moment de convivialité. Elle permet à ses adeptes d'atteindre une dimension spirituelle, en recevant le thé dans une atmosphère harmonieuse, reflet d'un art de vivre japonais très esthétique. La cérémonie du thé est pratiquée dans un pavillon réservé exclusivement à cet effet, le chashitsu. Cette pièce dépourvue de meuble évoque le dépouillement d'une retraite d'ermite.


chashitsu établissement Georges Cannon

Il existe deux manières de pratiquer le chanoyu: le chaji et le chakai.

 Le chaji se patique généralement avec un nombre restreint de participants et pouvant aller jusqu'à quatre. Il se déroule entre trois à quatre heures. Les invités sont reçus avec tous les honneurs qu'ils méritent dans le jardin paysagé  puis ces derniers sont conviés à un repas "kaiseki" dans le pavillon de thé. S'en suit d'abord, le service du thé matcha très épais "koicha", puis une nouvelle promenade dans le jardin qui sera suivie d'un autre thé matcha, celui-ci plus léger "usucha". La durée du chaji s'explique par l'économie des gestes, les longues périodes de recueillement qui permettent d'atteindre le calme intérieur nécessaire pour apprécier comme il se doit ce moment de bonheur contemplatif et spirituel.

Le chakai quant à lui ne dure que 30 à 45 minutes. Plus courant, ce mode de pratique permet d'avoir un plus grand nombre de convives.
Pour pénétrer dans le chashitsu, les convives doivent s'accroupir pour passer par la petite  porte "nijiriguchi" puis ils entrent en concervant cette position. L'hôte salue l'alcôve "tokonoma" où se situe un rouleau de peinture "kakemono" et quelques fleurs dans un vase "chabana". 
Les invités et leur hôte prennent place face à face  en "seiza". Cette position fait partie intégrante des arts traditionnels japonais, tels que les arts martiaux japonais (judo) et la cérémonie du thé. 
Au centre de la pièce, l'hôte allume le foyer, un âtre creusé dans le plancher et sur lequel repose la théière. Lorsque le chanoyu commence, les invités prennent le temps d'admirer les ustensiles. Une confiserie très sucrée "wagashi" leur est ensuite proposée juste avant de boire le thé. Cette dernière a pour but d'adoucir l'amertume de la boisson.


Pour préparer son matcha, l'hôte a besoin de trois accessoires : un chawan (bol à thé), un chasen (fouet à thé), et un chachaku (cuillère à thé).
Afin de réchauffer le chawan et assouplir le chasen, il verse dans le bol de l'eau chaude, y trempe le fouet quelques secondes puis jette l'eau et essuie le chawan délicatement. Il se saisit du chachaku et dépose au centre du bol deux montagnes et demie de matcha en poudre ( gyokuro réduit en poudre) qui se trouve dans une petite boîte (natsumé). Il verse ensuite l'eau sur le matcha qu'il fait délicatement coulé sur le bord du chawan. D'un mouvement allant du fond vers la surface , il fouette énergiquement en faisant des M . Lorsque la mousse de matcha commence à monter, l'hôte remonte délicatement le fouet en s'assurant de briser les grosses bulles restées en surface. Il tourne son chasen d'un quart de tour, le sort du bol et le pose à côté du natsumé.


photo issue de jcollector.blog

 Après avoir admiré le chawan, le premier invité peut maintenant se délecter doucement de cette savoureuse boisson préparée dans le respect de la tradition. Après trois gorgées,  il donne ensuite le chawan au second invité qui tourne d'un quart de tour le bol afin de ne pas déposer ses lèvres là où son prédécesseur avait posé les siennes.
A la fin de la cérémonie, les convives examinent les ustensiles et se les passent entre-eux. Ces derniers doivent être manipulés avec beaucoup d'attention car ils sont souvent très rares et précieux. 
 En sortant du chashitsu, les invités saluent l'hôte afin de le remercier puis, ces derniers se retirent. La cérémonie prend ainsi fin. 
Il sera d'usage que les convives remercient à nouveau dans les jours qui suivent leur hôte pour la cérémonie auquel il leur a permis de participer.